Journal de Montréal : Il lance un nouvel appareil pour détecter les mineurs au dépanneur

Un entrepreneur qui a lui-même été caissier à 17 ans lance un appareil pour simplifier les vérifications d’âge et enlever un poids sur les épaules des employés de caisse.
« C’est comme un peu le bonhomme que l’on voit sur la route avec un sourire si la vitesse est bonne et une moue si elle n’est pas bonne », illustre Philippe Gélinas-Bernier, président de Age Gardien.
« On a vu ce produit-là en Europe. On a décidé de développer la technologie à Montréal », ajoute-t-il.

À 17 ans, alors qu’il était caissier dans un dépanneur, Philippe Gélinas-Bernier trouvait délicat d’exiger une pièce d’identité aux clients souhaitant acheter de l’alcool ou du tabac.
Trente ans plus tard, il met au point un appareil qui simplifie cette tâche ingrate pour les commerçants : estimer l’âge des clients.
« C’était un peu malaisant de demander les cartes, donc l’idée est de remettre l’odieux à l’appareil pour baisser la tension », souligne-t-il.
Le dispositif est posé sur le comptoir vers le client. Si la lumière verte s’affiche, pas besoin de demander les cartes. Si c’est rouge, on recommande de le faire.
C’est toujours l’employé qui cependant a le dernier mot sur la vérification d’âge.
Et la vie privée ?
Au Journal, Philippe Gélinas-Bernier assure que son petit boîtier n’enregistre rien et n’a même pas accès à Internet.
« Le traitement est local. L’algorithme fait cette estimation d’âge », soutient-il.
Grâce à une banque de plusieurs milliers d’images, Age Gardien arrive à estimer l’âge des clients, sans conserver d’images ni de données biométriques et sans chercher à les identifier.
« On évite les deux principaux écueils : la surveillance (rien n’est enregistré) et de la discrimination (on peut toujours présenter une carte)», observe Stéphane Leman-Langlois, chercheur affilié au Centre sur la sécurité internationale (CSI) de l’Université Laval.
« Le plus gros danger »
À la tabagie de la Place Chambly, contrôler l’âge des clients est un casse-tête quotidien.
« Il n’y a rien de plus important que de ne pas vendre à des mineurs, partage Mathieu Belland, propriétaire de trois tabagies, dont celle de la Place Chambly. La première offense, c’est une amende de 2500 $ et la deuxième je perds mon permis durant trois mois ».
« C’est le plus gros danger de mon commerce », va-t-il jusqu’à dire.

Plusieurs fois par jour, il doit carter ses clients, sous l’œil des clients mystères envoyés par Santé Canada.
« Age Gardien aide. Ça enlève une certaine gêne de carter », souffle Mathieu Belland.

Pour le porte-parole du Regroupement des tabagies du Québec (RTQ), Michel Poulin, cette technologie répondra à un besoin sur le marché.
« Cet outil-là facilitera l’expérience client », souligne celui qui représente 400 commerces.
Age Gardien est à l’essai dans plusieurs établissements et la réception est bonne.
« La caméra n’est pas cachée. Elle est très visible. Ça peut aider à dissuader le vol », affirme M. Poulin.
« Tout ce qui est filmé ne va pas dans une base de données », conclut-il.

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